Avec l’interdiction d’utiliser les pesticides, les herbes folles prolifèrent. Philippeville étudie une solution avec de la vapeur d’eau chaude.

Un peu partout, les citoyens se plaignent du manque d’entretien dans les cimetières et les autres espaces publics autrefois désherbés avec des produits chimiques. Sans utilisation d’herbicides, désormais interdits depuis le 1er juin 2014, plus rien ne retient la propagation des herbes folles.

Les herbes folles envahissent les espaces publics«Nous ne faisons pas ça par plaisir, explique Bruno Berlemont, l’échevin des Travaux de Philippeville. Oui, la mauvaise herbe pousse et envahit nos rues et nos cimetières… et encore plus vite cette année. Les raisons: la météo que nous connaissons et l’abandon de l’usage de produits radicaux mais toxiques, ce qui est une bonne chose pour l’environnement et la santé publique, soit dit en passant ».

herbes1Pas assez de main-d’œuvre
L’échevin met les points sur les i: «Pour enrayer ce problème, nous disposons de deux hommes pour Philippeville, de quatre personnes et d’un camion pour les 16 autres villages et, enfin, de deux ouvriers seulement pour tous les cimetières. Ces derniers assurent en plus les enterrements. C’est peu, je le sais !».
Et d’expliquer qu’auparavant, avec l’usage des pesticides, un homme suffisait à entretenir régulièrement un village. Actuellement, il faudrait donc plus de main-d’œuvre, alors que c’est souvent la tendance inverse qui domine.
«Nous concentrons nos efforts sur les villages juste avant leur fête, pour le que tout soit propre», insiste encore l’échevin.

alouerMais quelles solutions sont envisageables pour lutter contre ces herbes envahissantes ?  » On pourrait demander, comme dans d’autres villes, que chaque citoyen entretienne le trottoir et les abords de sa maison jusqu’au filet d’eau et que chaque famille entretienne le pourtour de la tombe de ses défunts ».

Mais cela ne semble pas (encore ?) au goût du jour.  Et la population ne semble pas prête pour prendre le relais des ex-cantonniers de village.
«Pour les cimetières, nous nous sommes renseignés sur des solutions mises en place ailleurs. Il existe des allées de dalles herbeuses ou des caveaux qui s’ouvrent par le dessus. Mais ces systèmes ont aussi leurs inconvénients», constate Bruno Berlemont.

Un coûteux procédé

Quant au désherbage des espaces publics, Philippeville aurait-elle lancé l’opération sans pesticides un peu trop tôt? Ou, au contraire, cet essai permettra-t-il de dégager des solutions à plus long terme ?
L’échevin des Travaux et le chef du même service étudient actuellement une solution pratique : «Nous savons qu’il faut recommencer l’opération tous les 15 jours avec le désherbage thermique. Une autre solution semble plus efficace: la vapeur d’eau chaude».
Un fabriquant de ce type de machine apporte des éclaircissements: «La mousse se forme grâce à l’ajout, dans l’eau, d’extraits naturels de maïs et de noix de coco. Elle se dissipe au bout de quelques minutes sans résidu toxique pour l’environnement. Mais il faudra tout de même plusieurs passages (quatre la première année, et deux à trois passages la deuxième année, idéalement avant l’hiver) pour venir à bout des herbes indésirables qui poussent dans les bordures, les trottoirs, entre les pavés et au milieu des graviers». Il reste un inconvénient majeur à un tel équipement: son coût qui s’élève à environ 40 000€ !

Et au conseil communal de la fin août, c’est finalement l’achat de désherbeurs thermiques que les conseillers ont approuvé. Une dépense qui nous semble pas fort utile puisque les hommes n’ont déjà pas le temps de passer la débroussailleuse, et que ce procédé n’est guère différent puisque ce ne sont que les feuilles qui sont brûlées pas la racine… « wait and see » !


ROLY, Les bonnes volontés s’essoufflent

IMG_20160626_092700Dès 2014, Philippeville faisait figure de pionnière en matière de non-utilisation des pesticides. Décision avait été prise de ne plus utiliser de produits chimiques dans le cimetière de Roly.
À l’époque, une visite sur les lieux, en compagnie de l’échevine de l’Environnement Véronique Tichon, avait permis à quelques citoyens de se proposer pour arracher les quelques mauvaises herbes lors de leur visite au cimetière.
IMG_20160626_092622Mais force est de constater que le temps a fait son œuvre: les bonnes volontés et la main-d’œuvre se sont, sans doute, essoufflées.
Et le cimetière de Roly a doucement repris un aspect naturel. Les herbes folles y sont de retour.