La construction d’un collecteur est en cours à Villers-le-Gambon. Il restera ensuite à construire une station d’épuration. Fin 2022, le village sera épuré.

Alors que d’autres villages de l’entité de Philippeville devront encore patienter pour voir leurs eaux usées épurées, Villers-le-Gambon a été retenu, en son temps, parmi les communes prioritaires. Deux raisons à cela. Tout d’abord, l’ensemble de la localité et ses alentours sont repris dans une zone de protection de captages d’eau, notamment par la société Villers-Monopole. Ensuite, durant ces quinze dernières années et en trois phases, le village a été équipé d’un réseau d’égouttage. Seuls quelques petits tronçons doivent encore être réalisés pour que toutes les habitations (600 équivalents habitants) soient raccordées à l’égout.

Un collecteur d’1,6 km

Dans ce contexte, la construction d’un collecteur pour récupérer toutes les eaux usées a été inscrite dans le programme des travaux 2017-2021 par la Société Publique de Gestion de l’Eau (SPGE). «Ce chantier a débuté le 26 mars dernier et s’étendra sur 180 jours ouvrables, confie Caroline Charlier, ingénieur de projet à l’Inasep, l’intercommunale en charge de la conception du projet, de sa réalisation et de son exploitation. Le délai de construction devait être plus court, mais la société chargée des travaux (entreprise Collette, de Saint-Gérard), doit faire face à un sol beaucoup plus rocheux que prévu. Depuis la rue des Nutons et jusqu’à son extrémité à la rue du Moulignat, au niveau de la pêcherie, le collecteur affichera une longueur d’1,640 km. Il suit le parcours du ruisseau du Grand Pré qui traverse le village en partie, ainsi que le site d’Agrophil. Pour l’heure, environ un tiers du collecteur a été construit dans la partie aval. L’eau y circulera par simple gravité.»

Cet ouvrage de salubrité publique a un coût non négligeable: 1 107 000€ financés à 100% par la SPGE.

Une station d’1,2 million d’euros

Mais il manquera toujours une pièce essentielle au système d’égouttage, à savoir une station d’épuration où seront traitées les eaux usées. Jusqu’à présent, ces dernières continuent de se déverser dans le ruisseau du Grand Pré.

«Les études pour cette infrastructure sont en cours de finalisation, annonce Éric Lefèvre, directeur au bureau d’étude «Assainissement» de l’Inasep. Nous espérons commencer les travaux fin 2019 ou au début 2020. Le chantier devrait s’étaler sur deux années. Au stade de l’avant-projet, cette station d’épuration est estimée à 1 200 000€, toujours financés par la SPGE.»

Pour épurer les eaux de Villers-le-Gambon, le responsable précise que l’ouvrage utilisera une technique particulière et avantageuse sur le plan environnemental: le lit bactérien. Les eaux usées percolent à travers des pierres de lave qui servent de support poreux à des bactéries.

Une épuration par lit bactérien

Les micro-organismes épurateurs se chargent ensuite de rendre aux eaux leur pureté originelle. Ce système est ancien. Pour preuve, la station d’épuration de Philippeville, datant du début des années 50, fonctionne toujours selon ce principe. Mais la méthode est ancienne et est tombée en désuétude. Par la suite, on ne regardait plus à la dépense en privilégiant de nouvelles technologies…

«Par rapport à d’autres procédés, notamment par boues activées, le lit bactérien fonctionne avec très peu d’énergie, détaille Éric Lefèvre. En outre, c’est un système robuste, avec un fonctionnement simple et qui exige peu d’entretien. Cerise sur le gâteau: pour réaliser la station de Villers-le-Gambon, nous allons récupérer les supports bactériens de l’ancienne station d’épuration d’Éghezée qui vient d’être remplacée.»

Fin 2022, avec un égouttage complet et une station d’épuration opérationnelle, le ruisseau du Grand Pré charriera enfin autre chose que des eaux grises et douteuses.

Prochain projet: Philippeville

Dans l’entité, le prochain grand projet d’épuration concernera directement Philippeville et deux villages proches: Samart et Neuville. En principe, l’épuration de ces trois localités devrait être reprise dans le prochain programme des travaux portant sur la période 2020 à 2026.

Actuellement, Philippeville est en partie épuré grâce à une ancienne station fonctionnant sur le principe du lit bactérien. Datant de 1956, elle est d’ailleurs la plus ancienne de la province de Namur. Mais elle fonctionne encore vaillamment, bien qu’elle soit sous-dimensionnée et rapidement débordée en cas de fortes pluies. Il convient donc de la remplacer par une nouvelle station répondant à la demande actuelle, et d’en profiter pour épurer Samart et Neuville.

 

Un texte de Jean-Luc Henrad pour L’Avenir